Dans le monde connecté, le téléphone mobile est une star. En Suisse, 97 % de la population de plus de 16 ans en utilisent un.

Qualifiés désormais d’intelligents, les appareils communiquent entre eux via les antennes dans un nuage électromagnétique qui rayonne en permanence.

Mais derrière l’enthousiasme quasi général suscité par cette technologie, le débat médical et scientifique s’affole. Le rayonnement de la téléphonie impacte-t-il notre santé ? De quelle manière ?

Que disent les études au sujet des ondes électromagnétiques ?

Ces dix dernières années, des milliers d’études ont été publiées sur le sujet. Docteur en biologie, Daniel Favre a mené une recherche originale publiée dans une revue scientifique de référence pour l’apiculture.

Son idée : placer deux téléphones en communication de chaque côté d’une ruche et enregistrer le son produit par les abeilles.

« C’est intéressant de faire avec l’abeille parce qu’elle n’a pas ce qu’on appelle des effets psychosomatiques. Elle réagit ou non. Un être humain va peut-être voir les téléphones et déjà réagir psychosomatiquement et avoir déjà des manifestations de ce mal-être, s’il y a mal-être.

L’abeille ne fait pas ça, elle ne sait pas que je mets deux téléphones portables. Et je vois, après une demi-heure, trois quarts d’heure, j’entends qu’elle réagit, parfois fortement, à cette perturbation.

Les abeilles s’agitent, deviennent nerveuses, et vous pouvez analyser ce comportement grâce au son que fait la colonie dans la ruche, un son qu’on appelle le « chant des abeilles ouvrières », qui est un signal d’une ruche perturbée ».

Que peut-on conclure de ces résultats ?

Alors ce signal est un des deux messages que la colonie a pour donner le signal de l’essaimage, autrement dit le départ de la reine avec une partie de la colonie hors de la ruche.

Daniel Favre revient placer un micro au Nouvel An, moment de l’année où le trafic téléphonique est le plus fort. Il enregistre le même son. Les abeilles veulent quitter la ruche. Une expérience qui amène le chercheur à l’hypothèse suivante :

« La pollution électromagnétique pourrait expliquer des disparitions d’abeilles, en particulier durant les mois de décembre, janvier, février, l’hiver, lorsqu’elles n’ont aucune chance de survie à l’extérieur de la ruche. »

Le spectre électromagnétique s’étend de l’inoffensif rayonnement naturel terrestre à la radioactivité.

Les champs qui font le plus débat aujourd’hui sont ceux des basses fréquences des lignes à haute tension ou des appareils électriques, et ceux des hautes fréquences de la téléphonie, des antennes et du wifi, proches de celles des fours micro-ondes.

Ces fréquences appartiennent à la famille des rayons non ionisants, et Vincent Huchet les redoute.